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M / Les Hommes Célèbres de Salles D'Aude

Salles d'Aude : des hommes célèbres

 

 

Jean Camp 1891 - 1968 (poète local)

Jean Camp est né à Salles d'Aude le 6 février 1891 d'une famille de petits propriétaires viticulteurs (vignerons) originaire de la région depuis toujours. Une branche de la famille Camp était installée à Gruissan et l'un de ses membres, Joseph Camp, en fut le Maire pendant très longtemps jusqu'à la dernière guerre mondiale (il fut destitué par le gouvernement de Vichy). Une autre branche était fixée à Armissan, au centre de la Clape.

A Salles, on retrouve la trace de la famille Camp depuis que l'Etat Civil est devenu affaire de l'Etat, pendant la Révolution française. Les hommes sont tous nés à Salles d'Aude alors que les femmes proviennent, en général, de villages voisins, tous autour de Narbonne : Armissan, Gruissan, Montredon-des-Corbières. Les ancêtres et parents directs de Jean Camp sont enterrés dans le caveau de famille au cimetière communal.

Jean Camp est donc né à Salles ainsi que sa soeur aînée Marie, et son frère Louis, plus jeune que lui de quelques années. Ce dernier y a vécu toute sa vie et occupait la maison familiale sise dans le quartier à l'extrémité du village vers Nissan.

Son père, Fernand Camp, né en 1858, a vécu pratiquement toute sa vie à Salles où il est mort en 1948 (à 90 ans). Peintre, musicien et écrivain de langue d'Oc, il fut un collaborateur régulier de la revue régionaliste "La Cigalo narbouneso" jusqu'à sa disparition dans les années 30. Il créa et dirigea, en alternance avec son frère Alfred, la Chorale de Salles pendant presque toute son existence. Vécurent également, toute leur vie à Salles son grand-père, Jean Camp (mort en 1922), ainsi que son oncle, Alfred et le fils de celui-ci, Joseph Camp, qui occupa les fonctions de Secrétaire de Mairie dans les années 40. Jean Camp a toujours été très attaché à Salles d'Aude où il a passé toute son enfance jusqu'à la veille de la guerre de 14 quand ses parents, chassés par la mévente du vin, vinrent le vendre directement aux parisiens dans une petite boutique de Levallois Perret. Il fit ses études secondaires à la Trinité de Béziers et revenait, chaque semaine, se retremper dans l'ambiance familiale. Plus tard, étudiant à Paris, il en faisait de même pendant les vacances. Avec des amis de son âge il montait des spectacles dont le texte de certains a été conservé, tel "A Perte de R'vue", revue créée le dimanche 27 septembre 1908 à Salles d'Aude en présence d'un nombreux public venu des environs qui s'était mêlé aux familles Salloises comme les Haurantier, Milhau, Tabariès, Buscalhon, Boyer... et Camp.

Avec ses mêmes amis et complices Jean Camp avait fondé en 1907, une société artistique et littéraire Salloise qui avait pour devise : "Daïsso lou faïre" et pour but : "S'amuser les uns les autres". Son existence dura ce que durent les vacances. Il en fut de même avec le journal satirique conçu et publié pendant plusieurs étés : "Le Cri de Saint-Pierre"".

Par la suite, professeur à Nîmes, Paris, conseiller culturel au Mexique puis titulaire de la chaire de langue et littérature espagnoles à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines d'Aix-en-Provence, il est toujours revenu à Salles tant que ses parents (sa mère Elise est morte à près de 95 ans en 1952 !) et sa soeur, Marie Camp (elle-même professeur de piano et animatrice de la Chorale) y vivaient.

C'est à Salles qu'il a conçu et rédigé une grande partie de son oeuvre d'écrivain régionaliste et d'auteur dramatique - ainsi qu'à Armissan, tout proche, où sa femme, Thérèse, possédait une maison familiale. Ainsi, sa tragédie "Trencavel", inspirée de l'histoire locale, fut créée à l'ombre de la Cathédrale Saint-Just de Narbonne, en 1923. Il en fut de même pour son drame paysan, "Le Sol commande", joué pour la première fois au Théâtre de verdure de Coursan, en 1927, puis à la Cité de Carcassonne en 1930.

Son oeuvre littéraire et poétique est en grande partie inspirée par sa terre natale et la langue d'Oc (l'autre partie étant consacrée à l'Espagne et ses travaux d'hispanisant). Citons, notamment, "Vin Nouveau", roman dont l'action se passe dans une "campagne" de la Clape (N.R.F. 1930), "La vie harmonieuse de Mistral" (Plon 1930), "Grenache en Languedoc" (l'Indépendant 1970), "De mes treilles", recueil de poèmes dont certains en oc (La Tramontane 1952), " Vendanges faîtes", recueil de sonnets (Seghers 1968), "Dins l'orgo dal most", poèmes en langue d'Oc (à paraître)...

Jean Camp est mort à Paris le 22 janvier 1968. Il était officier de la Légion d'Honneur, Médaillé de la Résistance, de la Medal of Freedom (Etats-Unis), Commandeur d'Isabelle la Catholique (Espagne), de l'Aigle Aztèque (Mexique), du Condor des Andes (Bolivie)... Il était membre correspondant de l'Institut (Inscriptions et Belles lettres), fondateur des Décades de Provence...




Toulouse-Lautrec 1864 - 1901, la famille De Saint-Exupéry

Bien que né à Albi en 1864 Henri de Toulouse-Lautrec a passé ses vacances lors de son adolescence, à Salles d'Aude, dans la maison familiale car sa mère, la Comtesse Adèle, était née Tapié de Céleyran : Céleyran étant le château que nous apercevons en arrivant à Salles par la route de Coursan.

Henri de Toulouse-Lautrec s'est livré très tôt à la peinture. Rendu infirme par deux fractures successives du fémur, l'une à l'âge de 14 ans en tombant d'une chaise et la deuxième, un an plus tard, en roulant dans une ravine, Henri de Toulouse-Lautrec s'est adonné avec passion à son art.

Cette infirmité due à ces chutes put avoir également pour cause la consanguinité de ses parents qui étaient cousins germains.

N'oublions pas toutefois que Toulouse-Lautrec descend des fameux Comtes de Toulouse qui dominèrent la région albigeoise de l'an 750 jusqu'en 1271.

En 1886 Toulouse-Lautrec a 22 ans et plonge dans le milieu montmartrois. Il y fait la connaissance d'Aristide Bruant qui a ouvert un cabaret où Toulouse-Lautrec puise son inspiration.

Dès 1887, après avoir travaillé à Paris dans l'atelier de Léon Bonna, atelier que fréquentait, entre autres, Van Gogh, Toulouse-Lautrec peint en solitaire.

C'est ensuite en 1888, au Bal du Moulin de la Galette que Lautrec va peindre ses plus belles scènes de danse et en particulier "La Goulue" qui allait devenir l'une des plus célèbres attractions du Moulin Rouge avec Valentin de Désossé.

Puis Lautrec va dessiner les affiches de ces cabarets parisiens. La Dépêche de Toulouse lui commande une affiche pour un roman sur la fameuse affaire Calas. Jane Avril et Yvette Guilbert vont devenir les modèles préférés du peintre qui les immortalisera. Il peindra ensuite des scènes de théâtre et exécutera même les décors d'une pièce de théâtre.

Jusqu'en 1898 Lautrec fréquentera des écrivains, des journalistes et exposera plusieurs de ses oeuvres dans des galeries de peinture fort renommées. De même il aura de nombreux contacts avec les frères Van Gogh et Degas qui admiraient sa peinture.

Après 1898 Lautrec produit moins. Ravagé par l'alcool il doit être interné à Neuilly et c'est là qu'il écrit "je suis enfermé, or tout ce qui l'est meurt". Sorti de clinique il prépare un album sur le thème du cirque, cirque qu'il a toujours aimé, et de retour à Paris, il recommence à peindre.

Puis c'est sa passion pour l'automobile qui l'inspirera pour peindre son cousin Gabriel Tapié de Céleyran au volant d'une voiture et son ultime toile fut "l'examen à la faculté de médecine de Paris" où son cousin soutenait sa thèse de doctorat.

Henri de Toulouse-Lautrec mourra en 1901, à l'âge de 37 ans, en laissant 600 peintures, 330 lithographies, des affiches et des milliers de dessin.

Dès 1902, après sa mort, l'oeuvre de Toulouse-Lautrec entrera dans l'immortalité et en 1922 fut inauguré à Albi le musée Toulouse-Lautrec où sont exposés de nombreux tableaux de celui qui écrivait : "J'ai tâché de faire vrai et non pas idéal".




Alexandre Macabiès 1881 - 1966 (félibre ou poète occitan et lyrique)

Né à Salles d'Aude le 16 mars 1881, il était membre de la société des auteurs compositeurs.

Il était félibre, poète et prosateur de la langue d'Oc, membre de l'association qui prête son concours au félibrige : école littéraire fondée en 1854 par un groupe d'écrivains Mistral, Roumanille, Aubanel, pour restituer à la langue provençale son rang de langue littéraire.

En 1912, il vivait à Paris à Levallois Perret où il exerçait le commerce des vins, c'est là qu'il rencontra sa future épouse, Elise Martinella, et c'est à cette même période de sa vie qu'il fit partie de la société des enfants de l'Aude.

Mais sa passion était l'écriture, il signait ses oeuvres MAC-BIES. Il écrivait les paroles de nombreuses chansons et opérettes, qui étaient mises en musique par POL-HETT et chantées par PALACIO. A l'époque, ils avaient beaucoup de succès.

De retour dans son village natal, il s'installa, rue Jean-Jacques Rousseau avec son épouse et continua d'exercer son métier de courtier en vin, mais il n'en laissa pas pour autant l'écriture.

Il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre et de poèmes écrits en Français, mais la plus grande partie de ses oeuvres est écrite en Occitan. Il aimait la jeunesse et participait beaucoup à la vie associative de son village.

Il est décédé le 19 novembre 1966.

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